Poème sur les templiers

Ce poème a été écrit par un des premiers membres de l’Ordre. Il a contribué à la création de la R.L. Le Faucon du Temple, à Mont de Marsan, la seconde de l’Ordre mais première à réellement travailler.
Il a été le premier préfet de la province d’Occitanie.

En ce soir où nous sommes assemblés
Une histoire, je vais vous conter.
La vie d’un homme et ses métiers
A travers les siècles je me suis promené.

  • Un matin comme tous les autres,
    l’Orient vient de s’illuminer.
    Tout commence dans cette famille pauvre,
    un enfant s’est réveillé.
  • Une femme pleure et se désespère,
    Que mangera t’on ? c’est presque misère !
    Une odeur âcre de fumée,
    Le bruit des chaudrons bousculés.
  • En ce millénaire de servitude,
    Point de place pour la lassitude.
    Il faut travailler pour survivre,
    Trimer dur pour quelques vivres.
  • Une bouche à nourrir compte.
    Une décision est prise, et elle est prompte.
    L’enfant en âge de nous quitter,
    Un maître il faut lui trouver.
  • Le jour suivant à mon maître, je suis attaché.
    Un métier ; il va surement me donner.
    Il me faudra être docile et précis.
    Maintenant me voici un jeune apprenti.
  • Un morceau de pain, une paillasse,
    mes nouveaux outils dans ma besace,
    Je suis cet homme au visage buriné,
    Il me conduit droit au chantier.
  • Tu ne feras rien ! tu regarderas,
    Être docile tu seras !
    Porter des pierres, pousser du bois,
    quand je t’appellerai, je veux que tu sois là.
  • Me voici perdu en ce coin de Bourgogne,
    Citeaux ce petit lieu se nomme.
    Nous sommes ici pour construire une abbaye
    En cet endroit perdu, au confins du pays.
  • Nous ne bâtissons plus pour faire un prieuré
    Fini les forêts abattues et les pieux dressés,
    La symphonie de l’amour et de l’art
    Ne laissent plus la place au simple hasard.
  • Les mois et les années passent,
    Les hommes comme les idées trépassent.
    J’ai vu les architectes avec leurs cannes métrer le terrain,
    les ouvriers si souvent y briser leurs reins.
  • Puis j’ai quitté ce lieu
    Pour me rendre sous d’autres cieux
    Où la révélation des choses et du beau
    me seraient donnés en cette abbaye de Clervaux.
  • Nous y avons couché le fils de Dieu,
    Pour qu’il porte notre prière dans les cieux
    En respectant en tout cette harmonie
    Nous avons bâti cette nouvelle abbaye.
  • En ce lieu pure où rien n’accroche le regard
    J’ai vu prier un homme, il se prénommait Bernard
    De lui, allait venir un temps pour certains attendu
    Quête du saint Grall en des croisades éperdues.
  • Pourvu de mon métier de bâtisseur,
    En tête une nouvelle idée s’est fixée.
    J’aimerais bien combattre avec ardeur
    Auprès d’un nouveau maître qui lui, serait armé. !
  • Je me suis engagé à apprendre le métier des armes.
    Auprès d’un chevalier je suis attaché.
    On m’avait promis de la fureur et des larmes
    et les lieux saints enfin délivrés.
  • En un prochain poème je vous conterai
  • Les aventures incertaines de ce pauvre Cadet
  • Aux victoires et aux lieux où il fut battu comme plâtre
  • Puis à la chute certaine de Saint Jean d’Acre.

Les Croisades :

  • En ce second soir, je vais vous conter
    L’histoire aventureuse de ce jeune palefrenier
    qui a quitté ses cathédrales, en quête de spiritualité
    En ces temps reculés et quelque peu troublés.
  • Une première croisade s’était réalisée
    direction Jérusalem elle s’en est allée.
    En vu du Bosphore elle fut massacrée.
    Les choses étaient à faire mais mieux structurées.
  • De grands seigneurs et l’église associés
    prirent la chose en compte et l’ont organisée.
    Les premiers voyages furent pénibles
    et les résultats un peu tangibles.
  • Une force demeura sur place
    Et mon maître fit partie des élus.
    Ils étaient neuf à tenir les routes,
    opiniâtres maintenant qu’ils étaient parvenus.
  • Que de temps j’ai passé à surveiller mon maître malade.
    J’ai soigné les chevaux et appris le métier des armes,
    puis j’ai participé au premiers combats et embuscades
    Avec son cortège d’odeur de sang et de fracas des armes.
  • De nombreuses croisades se sont succédées
    Le Doge de Venise nous acheminait,
    Hommes, armes et chevaux
    Etaient transportés dans ces frêles vaisseaux.
  • Vint enfin le jour en un ultime combat,
    nous nous sommes agenouillés au pied du Golgotha.
    Quelle splendide victoire pour la chrétienté,
    Que de souffrance et de mort nous avons oublié.
  • Le temps passa en d’interminables journées
    Dans les écuries du vieux roi, nous étions remisés
    Que d’escortes, de convois nous avons acheminés,
    Nous que l’église appelait les templiers.
  • Puis vint le temps des revers de l’histoire,
    Après les victoires vinrent les déboires.
    A contre cœur et après avoir bataillé
    Ce lieu chargé d’histoire nous dûmes quitter.
  • De combat en combats j’ai assisté mon chevalier
    J’ai fourbi ses armes et je l’ai encouragé.
    Sur le champ j’ai porté haut ses couleurs
    Mais, devant nos revers, j’avais mal au cœur.
  • Ces chevaliers splendides, tout de blanc vêtu

Balayés de Palestine tels de simples fétus.
Cela n’était point concevable, les combats furent âpres.
Nous nous sommes fortifiés en la place de Saint Jean d’Acre.

  • En un dernier assaut qui fut épique
    Nous avons chargé avec nos frères Teutoniques
    Mille fois, nous avons repoussé notre destin
    Malgré nos efforts ce fut en vain.
  • Nous avons rembarqué nos hommes et nos chevaux
    Avons quitté la Palestine avec le cœur gros,
    Certains pour Malte, d’autres pour la Teutonie,
    Quant à nous, nous avons regagné notre pays.
  • Ainsi s’achève la seconde partie
  • De ma vie guerrière, particulièrement bien remplie.
    En ce troisième soir où nous sommes réunis.
    Je vais vous compter l’histoire d’un Ordre uni
    Cela ne se fit pas sans un grand nombre d’aléas
    Mais l’histoire ne se construit qu’avec moult tracas.
  • Du temps s’est écoulé et l’Ordre a grandi.
    Nous étions heureux dans nos commanderies
    Nos relations s’étendaient sur toute l’Europe
    Et nous tenions conseil auprès de tous ces peuples.
  • Nous prêtions de l’argent à toutes les cours,
    Nous donnions nos conseils au jour le jour,
    Nous aurions du percevoir à l’horizon
    La rage des autres et leurs ambitions.
  • Les choses sont ainsi faites
    Que le pouvoir d’un seul est toujours gênant
    Dépasser un roi et un pape, ne serait-ce que d’une tête,
    Entraine souvent un désaveu cinglant.
  • Nous avons été rapidement honnis
    Par un roi que l’histoire rendra maudit
    Et l’Ordre, tel un navire démâté,
  • Trouva un port chez les écossais.
    Avec mon maître j’ai quitté mon pays
    En cette nouvelle nation je me suis établi
    Nos déclarations ont été par tous écoutées
    Et l’ordre du chardon nous fut donné.
  • Nombreux furent ceux qui voulurent rétablir l’Ordre,
    Reconstruire un temple qui était en désordre
    Mais encore, que pouvions nous apporter
    Puisque chez les ibères il s’était transplanté,
  • Reconstruire un temple nouveau, tel était le sujet
    Von Hund et les teutons le voulaient parfait

Stricte Observance des règlement templiers
Willermoz, lui, ne le voulait qu’aménagé.

  • Pour cette nouvelle et belle construction
    Une chose est sure, il faut être maçon
    Et si nous voulions un édifice parfait
    Il faudra malheureusement qu’il soit rectifié.
  • D’un Temple qui voulait épouser le macrocosme,
    Il nous fallait retourner au microcosme
    Elever notre cœur et notre esprit
    En respectant une ligne qui nous y conduit.
  • Beaucoup de monde s’est penché sur le sujet,
    Et nombreux furent les textes amendés.
    En un consensus les tableaux furent gardés
    Et la manière de voir ainsi rectifiée.
  • Ainsi aujourd’hui nous travaillons,
    Fiers de ce que nous sommes, de libres maçons
    Nous avons notre façon de nous élever
    Et nul n’est bien venu qui voudra y toucher.
  • Avec mon maître aujourd’hui je travaille.
    Oublié le bruit des armes et le fracas des batailles
    Et ce qu’un César avait détruit,
    Moi, dans mon cœur, je le reconstruis.
  • Qu’il est doux d’écrire quand on n’a pas la parole
    Peut-être ceux-ci vous paraitront un peu frivole
    Je vous laisse, il m’en faut retourner à mes travaux
    Mon Maître est dur, mais le prix le vaut.